Drone et grands espaces : mon expérience à Courchevel pour le Label « Bienvenue à la ferme »
Lorsqu’on me confie une mission photo, j’aime repousser les limites de ma pratique et explorer de nouvelles perspectives. C’est exactement ce qui s’est produit récemment, lorsque j’ai été mandaté pour réaliser un reportage photographique dans le cadre du Label « Bienvenue à la ferme ». Une mission qui m’a conduit dans un environnement aussi exceptionnel qu’exigeant : les hauteurs enneigées de Courchevel.

Une mission, un label, des images à la hauteur
Le label « Bienvenue à la ferme », porté par les Chambres d’Agriculture, valorise les exploitations agricoles qui ouvrent leurs portes au grand public : vente directe, agrotourisme, pédagogie autour du monde rural… Chaque ferme labellisée mérite une communication visuelle soignée, capable de mettre en valeur son cadre, ses productions et son authenticité.
Pour ce reportage en particulier, l’enjeu était de taille : sublimer un domaine agricole de montagne, niché dans un environnement spectaculaire. Quoi de mieux, dans ce contexte, que de s’élever au-dessus des terres pour en révéler toute la splendeur ? La photographie aérienne s’imposait comme une évidence.
Le Mavic Mini 5 Pro entre en scène
C’est l’occasion idéale pour sortir mon tout nouvel appareil : le DJI Mavic Mini 5 Pro. Compact, léger, performant, ce drone représente une véritable révolution pour les photographes et vidéastes en déplacement. Sa discrétion et sa facilité d’emport en font un compagnon idéal pour les missions terrain, surtout lorsqu’il faut voyager avec du matériel conséquent.
Les premières images obtenues depuis les hauteurs ont immédiatement confirmé le bon choix : des couleurs saisissantes, une stabilisation remarquable malgré le vent d’altitude, et une qualité d’image à la hauteur des attentes professionnelles. Les paysages enneigés se déployaient sous l’objectif comme une carte postale grandeur nature, révélant la ferme dans son écrin montagnard avec une poésie difficile à atteindre depuis le sol.
Faire décoller son drone à Courchevel : un défi aéronautique
Si l’expérience était visuellement exceptionnelle, elle s’est rapidement révélée techniquement et réglementairement complexe. Car voler à Courchevel, ce n’est pas survoler un champ de campagne tranquille par un mardi matin calme.
La station est en effet dotée d’un aérodrome unique en son genre : l’Altiport de Courchevel, perché à 2 000 mètres d’altitude, avec sa piste en pente caractéristique, réputée comme l’une des plus spectaculaires et des plus délicates d’Europe. Les appareils — hélicoptères, avions légers, taxi-skis — y sont en mouvement quasi permanent en saison hivernale. Le ciel de Courchevel est loin d’être vide.
À proximité immédiate des pistes de ski, avec ce trafic aérien soutenu au-dessus de la tête, il est impensable de faire évoluer un drone sans prendre des précautions sérieuses. L’espace aérien y est contrôlé et réglementé, et le croisement entre un drone civil et un aéronef en approche finale est un scénario que tout opérateur responsable doit absolument prévenir.

L’acquisition d’une radio VHF : un équipement devenu indispensable
Cette expérience sur le terrain m’a conduit à franchir une étape importante dans ma pratique du drone en environnement complexe : l’acquisition d’une radio VHF.
Concrètement, cet équipement de radiocommunication aéronautique me permet d’écouter les fréquences utilisées par les pilotes et les contrôleurs, de prendre connaissance des mouvements d’aéronefs aux alentours, et d’anticiper toute situation potentiellement dangereuse. En montagne, où les hélicoptères surgissent parfois par-dessus une crête sans prévenir, cette veille radio devient un outil de sécurité précieux, voire indispensable.
Au-delà de la simple précaution, se doter d’une radio VHF, c’est aussi adopter une posture professionnelle et responsable. C’est reconnaître que l’espace aérien est un bien partagé, que d’autres usagers y évoluent avec leurs propres contraintes, et que le pilote de drone, même amateur ou semi-professionnel, a le devoir de s’intégrer dans cet écosystème avec humilité et rigueur.
Ce que cette mission m’a appris
Au-delà des images rapportées — et elles sont belles, croyez-moi — cette mission à Courchevel a été une véritable leçon de pilotage en environnement réel. Elle m’a rappelé que la maîtrise du matériel ne suffit pas ; il faut aussi connaître les règles, comprendre son environnement, et savoir adapter sa pratique aux contraintes du terrain.
Pour celles et ceux qui souhaitent se lancer dans la photographie aérienne en zone de montagne ou à proximité d’infrastructures aéronautiques, voici quelques conseils issus de cette expérience :
- 📋 Vérifiez toujours la réglementation locale avant de voler (zones CTR, zones de restriction, NOTAM en vigueur)
- 🛬 Renseignez-vous auprès de l’aérodrome concerné pour signaler votre activité et obtenir les informations nécessaires
- 📻 Investissez dans une radio VHF dès lors que vous évoluez à proximité d’un trafic aérien significatif
- 🌬️ Anticipez les conditions météo de montagne, qui peuvent changer très rapidement
- 🎯 Préparez votre vol au sol : repérage, zones de décollage sécurisées, itinéraires de vol planifiés
En conclusion
Cette mission pour le label « Bienvenue à la ferme » restera gravée dans ma mémoire comme l’une des plus marquantes de ma pratique de la photographie aérienne. Elle m’a permis de pousser mes limites, de m’équiper intelligemment, et de ramener des images qui, je l’espère, rendront justice à ces exploitations agricoles de montagne qui méritent toute notre attention.
Et si le Mavic Mini 5 Pro a brillamment relevé le défi technique, c’est finalement la radio VHF qui s’est imposée comme la véritable révélation de cette aventure. Un petit boîtier discret, mais une grande leçon de responsabilité.
Vous avez des questions sur la réglementation drone en zone de montagne ou sur l’utilisation d’une radio VHF en tant que télépilote ? N’hésitez pas à laisser un commentaire ou à me contacter directement.

